Quand la Chine s’éveillera…

Envoyer Imprimer Newsletter Post2PDF 27 mars 2007

illustration_chine_eveil La Chine, chef de file des pays émergents et puissance économique montante incontournable, impressionne et interroge avec des taux de croissance à deux chiffres depuis plusieurs années. Le secteur financier chinois profite également de la bonne orientation économique du

pays, suivant lui aussi la voie de l’ouverture et de la libéralisation des marchés, conformément aux accords signés par la Chine à l’OMC en janvier 2001.

Historiquement, entre la restructuration de l’agriculture, de l’industrie et celle du secteur bancaire, le gouvernement, au début des années 1980 donne la priorité au secteur primaire et secondaire, au détriment du secteur bancaire qui devra supporter le coût de la transition économique. Cette position a conduit à retarder le développement des banques en Chine et a pesé sur les comptes des principaux établissements avec des taux de créances douteuses dépassant parfois les 40%. Face à la nécessité de modernisation de l’appareil bancaire chinois, les autorités ont changé de fusils d’épaule et ont signé avec l’OMC un accord de libéralisation du marché bancaire en 2001.

Depuis, nombre de banques internationales, soucieuses de trouver des alternatives de croissance à leur marché domestique moins dynamique, investissent massivement dans les pays émergents et prioritairement dans « l’empire du milieu » qui présente de sérieux atouts…

…ATOUTS DU MARCHE CHINOIS EN QUELQUES MOTS

Croissance du PIB à deux chiffres depuis quelques années
Augmentation de la consommation des ménages / triplement de l’excédent commercial

Une mise en place de la réforme du secteur financier dès 2006
Accord OMC / Début de privatisation de certaines banques / Possibilité pour les banques étrangères d’ouvrir des agences sous leur propre marque

Un bon résultat des banques chinoises
30 à 40 % de croissance pour les banques chinoises en 2005.

Un changement de comportement de consommation
Solvabilité accrue des ménages entraînant une nette augmentation des emprunts

Depuis janvier 2007, l’actualité regorge d’exemples d’investissements étrangers par le biais de participations, de joint ventures ou d’acquisitions dans les banques chinoises. Nous pouvons notamment citer Citigroup qui a remporté la « Guangdong Development Bank » face à la SG, la Bank Of China détenue à 10% par RBS ou encore la Construction Bank of China détenue à 9.1% par la Bank Of America. Globalement, même si la place des banques étrangères est négligeable - elles représentent moins de 2% des actifs chinois -, leur position ne cesse de progresser.

Chinois et étrangers ont autant à gagner de l’ouverture récente du marché (2001). En effet, le secteur bancaire chinois a besoin d’acteurs étrangers pour moderniser la profession et réaliser un transfert de compétences (cf encadré 1) ; les acteurs étrangers quant à eux récoltent les fruits de la croissance chinoise

Toutefois, les règles prudentielles chinoises constituent de véritables barrières d’entrée pour les banques étrangères: capitalisation minimum de 1Md de Yuan, l’exposition à un même client ne doit pas excéder 10 % du capital de la filiale et le ratio prêts / dépôts ne doit pas excéder 75%.

« LE TIRAILLEMENT DU GOUVERNEMENT CHINOIS : ENTRE BESOIN DE MODERNISATION DU SECTEUR ET DESIR DE SOUVERAINETE

L’intérêt du secteur bancaire chinois réside dans la concurrence stimulante et les nouvelles pratiques qu’apportent les banques étrangères. Mais il apparaît, au regard des critères restrictifs d’accès au marché, que les banques étrangères ne sont pas invitées à s’implanter massivement en Chine. Les conditions d’obtention des licences en termes de capital de départ à investir sont révélatrices. La présence des banques étrangères est appréciée dans la mesure où elle oriente mais ne domine pas le marché.

Les dirigeants chinois sont partagés entre d’un côté l’exigence d’assainissement et de modernisation du secteur bancaire guidée par les acteurs étrangers, et de l’autre le souci de préserver la souveraineté sur le secteur financier. Le souvenir des oligopoles financiers étrangers du début du XXème siècle est prégnant. »

Mais l’enjeu est de taille : l’accès au marché abyssal de l'épargne des ménages chinois vaut cet investissement pour nombre de banques et d’assureurs étrangers. Les candidats se pressent au bureau de la CBRC (China Banking Regulatory Commission) et les journaux chinois relatent que 6 banques, dont la Société Générale et la japonaise Sumitomo Mitsui Banking souhaitent établir des filiales de droit chinois. Plusieurs grands noms, tels que HSBC, Citigroup, Deutsche Bank, ou JP Morgan auraient également déposé une demande. Il y a fort à parier que la liste s’allongera au fur et à mesure des évolutions réglementaires et de l’ouverture du marché…

Sia Conseil


Sources :

  • Ouvrage :
    • « La Chine : un colosse financier »
      Le système financier chinois à l’aube du 21ème siècle
      Edition Vuibert
  • Articles :
    • Les Echos :
      • « Pékin planche sur les prochaines réformes de son secteur financier »
      • « Les banques chinoises lèvent des fonds recors en bourse »
      • « La société générale va demander un statut de banque locale en Chine »
    • Agefi :
      • Neuf banques étrangères autorisées à établir des filiales chinoises
      • Citigroup emporte Guangdong Bank

Articles dans : Divers, Point de vue

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