COREP : Les points clefs de la mise en œuvre
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1 mars 2007
| Généralement décrit comme un chantier technique, notamment avec le recours au format d’échange « XBRL », COREP comporte aussi des enjeux métiers et organisationnels, souvent occultés. Pourtant, ils sont au moins aussi importants et s’avèrent être au cœur des |
préoccupations des établissements. La mise en place des « chaînes de production » COREP, ainsi que des responsabilités en matière de validation et de contrôle des données, nécessitent en effet une attention particulière.
Un projet à forte composante métier
D’un point de vue métier, c’est d’abord la disponibilité et la fiabilité des données sur le périmètre attendu qui est au cœur des préoccupations. D’une part les dispositifs Bâle II, desquels doivent provenir les données pour alimenter COREP, ne sont pas encore stabilisés pour la plupart des établissements (mises à niveau suite aux audits du régulateur, revue de la qualité de certaines données, ajustement des hypothèses de modélisation, mise en place différée pour certaines filiales…). D’autre part, certaines données attendues par COREP n’y sont pas prévues en standard : axes de ventilation spécifiques, présence d’agrégats au titre du pilier II ou encore références aux normes IAS[1].
Une « simple » translation entre les dispositifs Bâle II et COREP semble donc exclue, d’autant qu’il faut incorporer des données en provenance des filiales. La complexité de mise en œuvre est d’ailleurs accrue pour les groupes bancaires disposant d’entités à l’international. En Europe, il n’y aura pas un unique reporting. Sur la base d’un format de référence défini par le CEBS, chaque superviseur national a établi sa propre déclinaison de COREP. Dès lors, l’entité consolidante ne peut se contenter de diffuser une méthodologie unique et doit gérer des règles complexes de consolidation et de vérification. Un véritable « défi » pour les groupes consolidant de surcroit des filiales non assujetties à COREP, voire ni même à Bâle II.
Dès lors se posent des questions clefs en matière d’architecture fonctionnelle. En effet, les options retenues seront structurantes, non seulement parce que COREP impose des traitements complexes (cohabitation des méthodes IRB et standard, collecte du risque de marché, volumétrie importante…) mais aussi car il sera indispensable de garantir la pérennité des hypothèses de production (auditabilité et interprétabilité des données sur le long terme).

Schéma 1 : COREP, un chantier complexe en termes d’alimentation et de consolidation de données
Pressés par le temps, de nombreux établissements, même de taille importante, envisagent donc le recours à des solutions du marché. Pourtant, des incertitudes restent à lever concernant la maturité des éditeurs sur ce sujet, notamment la capacité des solutions à gérer en standard de multiples niveaux de consolidation au sein d’établissements internationaux. Quoiqu’il en soit, des difficultés à produire des états fiables et complets à temps sont éventuellement à prévoir.
Les aspects organisationnels et la conduite du changement
Le reporting lié au ratio Cooke était traditionnellement produit et contrôlé par les Directions financières. Or, depuis la mise en place de Bâle II et du ratio Mc Donough, de nouvelles entités sont impliquées dans les calculs de solvabilité qui sont au cœur de COREP.
C’est notamment le cas des Directions des risques, où se sont concentrées les connaissances sur les emplois pondérés relatifs au risque de crédit et au risque opérationnel (faisant partie du calcul de Mc Donough). Mais c’est aussi le cas des Directions marketing, qui se positionnent souvent comme fournisseurs des données utilisées pour la notation bâloise des contreparties (conditionnant également le nouveau ratio, pour les établissements utilisant les « notations internes »).
Il est donc nécessaire de définir dès à présent les processus de contrôle adéquat et de clarifier les « contrats de service » entre les différentes entités concernées. En effet, le ratio de solvabilité est au cœur de la communication des établissements et se doit de suivre un circuit de contrôle, de validation, de suivi et d’exploitation, préalable à sa diffusion ou à son exploitation opérationnelle interne. En outre, les aspects liés à la formation ne seront pas négligeables dans le succès de COREP, chaque acteur de la « chaîne de production » devant maîtriser la provenance et l’impact des données qu’il traite.
Dès lors, l’utilisation de XBRL [2] (format d’échange des données permettant l’interopérabilité technique) n’apparaît pas être au cœur des préoccupations des banques. Après tout, il ne s’agit que de la traduction informatique d’un modèle de données fonctionnel. Ce langage est, de surcroit, déjà répandu dans certaines entreprises internationales à des fins de reporting interne…
Voir aussi sur le Portail : COREP : les enjeux du nouveau reporting
[1] IAS : International Accounting Standards
[2] XBRL : eXtensible Business Reporting Language
Articles dans : Bâle II, Point de vue

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